John Brown, figure emblématique de la lutte anti-esclavagiste
Considérons l'histoire de ce grand personnage qui a combattu de toutes ses forces le système esclavagiste aux États-unis.
Après la conquête de l'Amérique par le navigateur italien Christophe Colomb, ce continent sera l'objet d'une longue période de colonisation et d'esclavage. Les puissances colonialistes telles que l'Espagne, le Portugal, la France, la Hollande et l'Angleterre, se sont enrichies par l'exploitation de leurs colonies dans le Nouveau monde. Mais des mouvements de libération seront conduits dans beaucoup de ces colonies par des esclaves comme c'est le cas d'Haïti et aussi par des colons blancs. Le premier pays américain à avoir pris son indépendance est les États-unis. Cette indépendance par rapport à l'Angleterre, a été proclamée le 4 juillet 1776. Elle a été réalisée sans la participation des esclaves, et par conséquent, a mis fin au système colonialiste, mais pas au système esclavagiste. Ce n'est que près d'un siècle plus tard, le 1er janvier 1863, que le président Abraham Lincoln a proclamé l'abolition de l'esclavage. Il faut signaler qu'avant cette proclamation, beaucoup d'hommes et de femmes se sont battus pour la liberté des esclaves. Le combattant qui attire notre attention est John Brown. Mais qui était-il et pourquoi mérite-il notre attention?
John Brown est né le 9 mai 1800 à Torrington, dans le Connecticut. Sa famille a participé à l'Underground Railroad, le réseau d'évasion des esclaves du Sud. Élevé dans ce milieu et dans le culte calviniste, il a développé de la sympathie envers les esclaves et a voulu faire quelque chose pour les aider à sortir de cet enfer, de ce système satanique. Sa rencontre avec Frederick Douglass en 1847, un ancien esclave devenu figure abolitionniste aux États-unis, a renforcé ses convocations anti-esclavagistes. Mais c'est dans les années 1850 que John Brown allait passer à l'acte parce qu'il s'était rendu compte que l'arme de la dialectique était sans effet et que c'est uniquement la dialectique des armes qui puisse apporter un quelconque changement. La violence était le seul moyen de mettre fin à l'esclavage selon lui. En 1856, ses partisans et lui ont tué 5 esclavagistes au Kansas. En 1859, il avait projeté de provoquer une insurrection servile dans le Sud, car c'est cette région agricole et non-modernisée comparativement au Nord qui était le bastion de l'esclavage. Mais ce genre de mouvement nécessite de l'argent. Il a été soutenu financièrement par des riches partisans dans le Nord et a même trouver des volontaires par le biais d'Harriet Tubman, une figure importante dans la lutte anti-esclavagiste.
L'attaque est déclenchée le 16 octobre 1859 en prenant d'assaut avec une troupe de 18 hommes l'arsenal de Harpers Ferry en Virginie. Malheureusement, tout ne s'est pas passé comme il l'espérait parce que les ralliements attendus n'ont pas arrivés. Devant le manque d'hommes, ils n'ont pas pu résisté pendant longtemps. L'insurrection est écrasée en l'espace de deux jours. John Brown a été blessé et arrêté. 10 de ses partisans ont été tués, dont deux de ses fils. Oui il avait tellement cru dans la cause juste pour laquelle il combattait qu'il n'avait pas peur d'y intégrer ses propres fils.
Le 2 décembre 1859, John Brown a été exécuté par pendaison. Il a été jugé coupable de trahison contre l'État de Virginie. Le monde entier a été bouleversé et ému par la nouvelle de sa mort.
Avant de mourir, il a fait une déclaration prophétique. Il a dit que seul le sang mettra fin à l'esclavage. C'est ce qui va réaliser deux ans après sa mort avec la guerre de sécession (1861-1865), guerre qui va opposer les États du Nord aux États du Sud et qui mettra fin au système esclavagiste.

Enfin, que peut-on retenir de l'abolitionniste John Brown? En fait, tout le monde n'a pas la même opinion de lui. Pour certains il est un martyr et un visionnaire, pour d'autres il est un terroriste et un fanatique. Même Abraham Lincoln, le président abolitionniste, le considérait comme un fanatique et un extrémiste. Et d'autres le qualifient de zélote et d'humaniste. Mais ce qui est sûr c'est que cet abolitionniste blanc qui avait l'admiration de la première République noire, à savoir Haïti, a son nom gravé dans l'histoire comme une figure emblématique de la lutte anti-esclavagiste. Et pour l'honorer, une avenue de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, porte son nom.
Cet homme blanc qui a combattu pour les noirs mérite amplement cet hommage d'Edmond Laforest, un écrivain haïtien: "Rédempteur des noirs, John Brown meurt pour leur liberté."
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