Le rap : une musique pleine de philosophie

Écoutez-vous du rap ? En faites-vous ? Avez-vous déjà croiser des personnes, sans en avoir vraiment écouter, qui traitent le rap de musique immonde ? Pensez-vous que le rap est une musique immonde ? À travers ces cinq puchlines (des phrases chocs dans le rap), analysons d'une autre manière le rap.

Fév 15, 2023 - 20:12
Mise à jour: 4 Années Depuis
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Le rap : une musique pleine de philosophie
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Aujourd'hui, dans de nombreuses  familles, le rap est encore mal vu. Certains parents résument le rap aux incitations à la violence, à l'immoralité sexuelle, à l'incitation à prendre de la drogue et autres dépravations. Pourtant, le rap est tout un univers où chaque planète à sa particularité. Nous ne sommes pas sans savoir qu'aujourd'hui, il y a des rappeurs qui parlent d'amour, dévoilent le racisme, combattent l'inégalité... Il y en a même qui donnent des cours d'histoire à travers leur musique. Certains sont même de grands poètes. Analysons quelques phrases de quelques rappeurs.

 La douleur est inévitable, la souffrance est une option (Youssoupha)

Dans la philosophie grecque, il y a un courant qu’on appelle le stoïcisme que le grand public assimile souvent à l’absence du ressenti de la douleur ou de la souffrance. Si pour le grand public, douleur et souffrance sont souvent confondues, Youssoupha, lui, en fait la démarcation et montre que si on ne peut pas éviter la première, la deuxième peut l’être. Et c’est en cela que sa punchline se rapproche de la philosophie des stoïques qui nous enseigne de ne pas se paniquer pour les choses qui ne dépendent pas de nous. Par exemple, si dans une relation de couple, vous êtes convaincu que vous avez tout fait pour que  la personne soit heureuse et que malgré tout cela, elle décide de partir, la douleur sera peut-être dure ou même atroce, mais s’attarder sur cela ne vous fera que souffrir… Mais c’est un choix.

 

2.      Quand on est jeune, on ne meurt pas, on perd la vie (Youssoupha)

Nous sommes habitués à considérer la mort comme la cessation de la vie. Donc, dans l’inconscient collectif, mourir c’est forcément perdre la vie. Mais il semble que par cette punchline, Youssoupha ne soit pas de l’avis du public. Pour lui, on ne peut mourir jeune… On peut simplement perdre sa vie. Mais lorsque nous prenons le mot « vie » et surtout le participe passé du verbe « vivre » qui est « vécu », nous aurons vite compris la profondeur de la punchline. Si dans l’esprit collectif « mourir » est égal à « perdre la vie », « mourir » c’est aussi « avoir vécu. » Or, parler du « vécu » implique dans notre esprit des années de vie considérablement long dans notre courte existence. Et puisqu’un jeune n’a pas vécu, il ne peut mourir non plus. Il ne peut que perdre la vie.

 

3.      Des fois, j’saurai plus trop quoi dire, mais j’pourrai toujours écouter (Orelsan)

Quoi de mieux d'écouter un ami vous adresser des mots pareils ? Dans un monde où la liberté d’expression est proclamée plus qu’à toute autre époque, tout le monde voudrait parler. Mais qui écoute encore aujourd’hui ? C’est vrai que les mots doux font du bien. Mais la seule présence des gens qu’on aime fait aussi un bien fou. Orelsan ne fait pas la promesse de toujours trouver les mots magiques, mais la promesse d’être toujours là. En reconnaissant ces limites, il explique qu’il ne comprendrait sûrement pas toujours pour pouvoir répondre… Mais il montre aussi que lorsque cela va mal, écouter peut souvent faire plus de bien que parler. N’est-ce pas une merveilleuse manière de voir les relations amicales ou même amoureuses ? 

 

4.      M wè fanm ki pran twotwa a pou bay pitit yo chato (D-Fi)

Ce que je trouve particulièrement intéressant dans le rap, c’est qu’il se trouve souvent plus proche de la réalité que beaucoup d’autres styles musicaux. Dans cette punchline de D-Fi qu’on pourrait traduire littéralement en français par "Je connais des femmes qui ont fait les trottoirs pour offrir un château à leurs enfants", le rappeur décrit une réalité flagrante de la femme haïtienne. Et de beaucoup de femmes du monde. L’intéressant, c’est que D-Fi parle de ce qu’il a sûrement vraiment vécu dans son ghetto. Et même si la punchline parle de femmes prostituées, toutes les mères du monde, d’une manière ou d’une autre ont consenti à de grands sacrifices pour le bonheur de leurs enfants. Ce qui fait que, en quelque sorte, la punchline de D-Fi salue le sacrifice de toutes les mères du monde.

 

5.      Tant que les miens ne seront pas en place, pour moi le combat continue (Kery James)

Finissons sur cette dernière punchline de Kery James. À l’introduction, je vous avais dit que le rap c’est aussi une musique protestataire. Le racisme, l’inégalité sont souvent les sujets traités dans le rap. Qui peut prétendre faire du rap sans prendre position ? nous demande Kery James. Lui, sa position est définie. Il se place contre le système qui est une machine à fabriquer des inégalités. Kery combat au nom des siens et il le dit clairement : il arrêtera de combattre lorsque les siens pourront se reposer, réaliser leur objectif et avoir la paix. Il fait en fait parti de ceux qui préfèrent, comme Thomas Sankara, de l'eau pour tous que du champagne pour quelques-uns.

 

Voilà nous venons d’analyser six punchlines du rap porteur de grands messages et qui peuvent vous faire ce genre musical d’une toute autre manière. S’il y a des punchlines du rap que vous aimez et que vous voudriez que j’analyse dans un autre article, mettez les en commentaire. Et entre-temps, prenez soin de vous, la famille.

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User
Isabelle
Isabelle 4 Années Depuis
Je n’aime pas le rap, ave ces punchlines je change d’avis